Terroir

La diversité des terroirs au service de la richesse de l’appellation

Des siècles de travail par les vignerons de l’appellation ont permis d’apprécier toute la variété des terroirs sur lesquels nos vins peuvent s’exprimer. En répertoriant cette diversité et en identifiant tous les facteurs affectant les caractéristiques de leurs vins, ils ont cartographié leur vignoble et adapté leur travail pour élaborer des vins qui ont chacun leur caractère, défini par les spécificités du lieu, et par l’interprétation qu’en fait le vigneron.

La formation des terroirs : une histoire géologique mouvementée

La diversité des terroirs des Côtes du Rhône est le résultat d’une histoire géologique mouvementée. Née entre le Massif central et les Alpes, la vallée du Rhône, étroite dans sa partie Nord, s’évase progressivement vers le sud à partir de la latitude de Montélimar, donnant un relief de plaines et de collines encadrées par des hauteurs plus lointaines.
Le Massif Central est constitué principalement de granites et de roches dont les origines remontent à l’ère primaire (plus de 300 millions d’années). La rive gauche, à l’est du fleuve, correspond quant à elle au piémont des Alpes où alternent faibles pentes et collines.
L’érosion de ces deux massifs a modelé le paysage en dessinant les célèbres pentes emblématiques de nos appellations, et les alluvions portés par le fleuve ont nourri ses côtes de dépôts, dont les fameux galets roulets caractéristiques du Sud des Côtes du Rhône.

La production de vins dans les Côtes du Rhône repose sur une mosaïque de terroirs reflétant la diversité du relief, de la géologie, du climat de la région, du choix des cépages et des procédés de viticulture et de vinification mis en œuvre par nos professionnels. On distingue traditionnellement deux grands types de terroirs : les terroirs des Côtes du Rhône septentrionales et les terroirs méridionaux.

Dans la partie nord, le vignoble se concentre sur des terroirs étroits à proximité immédiate du fleuve et baignés par un climat continental. Les principaux terroirs viticoles de cette région s’accrochent aux coteaux escarpés taillés dans les roches provenant du Massif Central.

Dans la partie méridionale des Côtes du Rhône, les influences méditerranéennes sont plus nettes :

  • Sur les sols calcaires, les vignes font quelques rares apparitions comme dans les Dentelles de Montmirail, côtoyant les spectaculaires roches redressées à la verticale. Ces terroirs apportent une grande finesse aux vins qui y sont produits, et sont particulièrement propices aux Blancs.
  • Les sols sableux forment des collines caillouteuses recouvertes par des vignes de grenache et de syrah qui donnent des vins légers et fruités
  • Les terrasses de galets roulés où le drainage est efficace, et les grenaches assemblés à la syrah et au mourvèdre donnent des vins soyeux, aux arômes de fruits murs agrémentés de notes épicées. Les vins blancs sont chaleureux et élégants…

La hiérarchie entre l’appellation Côtes du Rhône régionale et les Côtes du Rhône Villages avec et sans nom de commune, répond à une identification minutieuse de ces terroirs spécifiques.

La pente est omniprésente dans le nord de la Vallée du Rhône, depuis Lyon jusqu’à la latitude de Valence. Dans cette partie de la vallée, les vignes sont installées sur des terrasses étroites soutenues par des murets de pierres, quelques mètres de largeur seulement sur des pentes escarpées, parfois proches de la verticale. Ces constructions montrent à quel point l’homme est capable d’ingéniosité et de labeur pour cultiver quelques arpents de vignes.

Ces terrasses existent depuis le temps des Gallo-Romains, et des légionnaires qui auraient participé à leur élaboration près de la ville de Vienne.

Le travail de l’homme pour l’édification de ces terrasses exige beaucoup d’énergie et de technicité. Il reste impressionnant pour l’entretien de la vigne : l’essentiel est réalisé à la main, depuis la taille jusqu’aux vendanges en passant par l’entretien. Il est donc extrêmement difficile d’obtenir des rendements élevés. Mais quelle que soit l’exposition, les avantages de la viticulture en terrasses sont importants : Les rayons du soleil frappent le sol avec un angle droit en apportant un maximum d’énergie à la vigne ; les murets emmagasinent la chaleur le jour et la restituent la nuit, autant de facteurs propices à un bon murissement des raisins et d’une excellente qualité des vins.

Le Soleil et le Mistral, deux facteurs de réussite pour des vendanges parfaites

Les Côtes du Rhône sont réparties en deux zones climatiques distinctes entre le nord et le sud de la vallée. Dans le nord, le climat présente des affinités continentales avec des étés chauds et des hivers froids. Dans la partie méridionale, le climat typiquement méditerranéen est caractérisé par des étés très ensoleillés, chauds et secs, des hivers doux où l’humidité est plus abondante. L’ensoleillement, la chaleur, le vent parfois violent et une relative sécheresse sont propices au bon développement végétal et au murissement de la vigne, tout en limitant les maladies. Une aide précieuse pour l’élaboration de grands vins.

Une région baignée de soleil favorable au murissement des raisins, mais avec des nuances entre le nord et le sud du vignoble

Du nord au sud de la vallée, l’ensoleillement progresse vers la Méditerranée : au sud de Lyon, il se situe entre 1900 et 2100 heures, au centre de la vallée vers Valence, il monte entre 2200 et 2300 heures, au sud d’Avignon, il dépasse les 2800 heures. L’ensoleillement des Côtes-du-Rhône se situe dans les valeurs les plus élevées en France, à comparer avec Bordeaux (entre 2000 et 2100 heures par an), et à la vallée de la Loire (entre 1700 et 1900 heures). Dans ces conditions, les vendanges sont habituellement plus précoces au sud qu’au nord de la vallée et les vins y sont aussi plus chaleureux.

Les cépages vinifiés par nos professionnels sont adaptés à cette variation des ambiances climatiques. Dans l’assemblage des trois cépages principaux utilisés pour les côtes du Rhône (syrah, grenache et mourvèdre) la syrah domine au nord de la vallée dont elle est originaire, le grenache et le mourvèdre d’origine espagnole sont davantage implantés au sud.

Le Mistral est un vent qui souffle dans la vallée du Rhône et qui a inspiré ceux qui l’ont connu : pour Pline l’Ancien, au Ier siècle de notre ère « le vent le plus célèbre est le Mistral que nul au monde ne surpasse en violence ». En provençal, mistrau signifie maître : il serait indomptable. Au XVIe siècle, un dicton populaire rappelle que « Mistral, Parlement et Durance sont les trois fléaux de Provence »…

Le « fléau » présente cependant de très bons côtés, dans une certaine mesure, il est même bénéfique au vignoble de la vallée du Rhône.

En chassant les nuages, le Mistral favorise une luminosité exceptionnelle à partir de la latitude de Valence qui annonce le sud méditerranéen et un temps particulièrement ensoleillé, favorable aux activités touristiques. Au printemps, en abaissant les températures, il ralentit l’éclosion des bourgeons, dont pourrait ensuite souffrir la vigne en cas de gelée printanière tardive. Il chasse le gel dans les creux du relief. Surtout il supprime l’humidité de l’air, et donc le développement des maladies liées à des champignons tels que l’oïdium ou le mildiou. De manière unanime, les vignerons des Côtes du Rhône se plaisent à rappeler que leurs vendanges qui peuvent parfois être réduites sont particulièrement saines, facteurs de régularité dans la qualité des vins année après année. Elles sont pratiquées au petit matin dès l’aube pour maintenir les raisins à une température fraîche et préserver les arômes

Les trois plantes classiques de la civilisation méditerranéenne, le blé, l’olivier et la vigne y ont été cultivées depuis l’Antiquité, mais le blé a perdu en surface ce que la vigne y a gagné au XIXe siècle en relation avec la spécialisation régionale de l’agriculture. Les oliveraies avaient beaucoup régressé au XXe siècle. Elles connaissent un regain d’intérêt pour des productions locales d’huile d’olive de très haute qualité.

La plaine irriguée située à l’est d’Avignon est une grande région productrice de fruits et de cultures maraîchères. Elle s’est spécialisée peu à peu durant la seconde moitié du XIXe siècle grâce à la maîtrise de l’eau et à l’arrivée de la voie ferrée qui a permis de transporter ses productions agricoles délicates vers les marchés de Lyon, de Paris et de l’Europe du Nord. Cette plaine est caractérisée par un paysage de petites parcelles protégées du Mistral par des haies de cyprès et de canisses.

Les cultures, et notamment celle de la vigne, sont de plus en plus tournées vers le bio. En 2017, dans le département du Vaucluse, on compte ainsi 18% des exploitations certifiées en bio ou en voie de conversion (9500 ha), 8% en Ardèche (800 ha), près de 15 % des surfaces en vignes pour 3400 ha dans la Drôme par exemple. D’une manière générale, partout dans le vignoble, les conditions sanitaires avantageuses conduisent à une viticulture raisonnée respectueuse de l’environnement qui réduit considérablement les traitements.

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